Première leçon : grincer des dents ne sert à rien.

Publié le par Blandine

Bon, la première chose qu'on devrait apprendre dans le manuel de survie en cas de procédure criminelle, c'est qu'il faut être patient. Très patient. Ne croyez quelqu'un de trop bien intentionné qui vous dira : vous recevrez sûrement un courrier dans à peu près trois semaines. Sauf bien sûr si par chez vous, les semaines font 365 jours. Le meilleur conseil à donner à quelqu'un qui porte plainte, surtout si ce n'est pas immédiatement après l'agression, c'est de ne pas rester langue pendante devant la boite aux lettres ou près du téléphone. Ca ne marche pas comme ça.

Attention, critiquer la lenteur de la justice est très facile, mais il faut se rendre compte de la masse de dossiers traités en permanence par les diverses personnes qui prendront votre histoire en charge. J'ai bien conscience du travail monstre que ça représente. Je râle, je sais que je suis injuste envers les professionnels du droit. Seulement... une instruction qui démarre trois ans après le drame, c'est moyennement drôle.

Bref. Le plus dur, ce n'est pas la lenteur administrative en soi. Quoique, ça rentre déjà dans la catégorie "très pénible". Moi ce qui me tue vraiment, c'est de savoir l' "autre" là-bas, pas loin de chez moi, libre de ses mouvements.  Libre, il y a un an, de s'éclater en devenant chanteur dans un groupe parisien (qui n'a pas dû connaître un grand succès, heureusement !). Libre de retourner sur le Net, de s'afficher sur facebook and co. Libre de donner son avis sur la politique.

Libre, je l'ai appris il y a quelques jours, de se faire embaucher dans un poste auprès de jeunes enfants. Et ça, ça ne passe plus.

Entendons-nous bien : Je sais qu'il existe en France ce qu'on appelle "présomption d'innocence". Je suis aussi d'accord pour que quelqu'un, même de gravement fautif, ait le droit de s'amender et d'obtenir une seconde chance. Je me bats même pour ces principes. Oui mais voilà, je sais ce que ce type a été capable de faire et dans quelles conditions. Et je ne suis pas persuadée qu'il ait changé. Sans doute suis-je sévèrement bornée, mais bon, un type qui se prend pour un démon, je ne peux pas croire qu'il est bon de lui confier de jeunes grumeaux. Peut-être ai-je tort. Mais dans le cas contraire ?

Que puis-je donc faire au niveau légal pour empêcher ça ? Rien, strictement rien. Sauf à aller kidnapper mon juge d'instruction préféré, je n'ai que le droit de grincer des dents en silence.

Et je n'ai pas trouvé de dentiste potable par chez moi.

Publié dans Réflexions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article