Ma nouvelle salle de sport : le palais de justice (Opus1).

Publié le par Blandine

Ceux qui aimaient jouer à la marelle étant petits apprécieront ce terrain de jeu géant qu'est le palais de justice de Paris. Dans ce lieu sont combinés avec brio l'attrait du parcours du combattant pour personne à mobilité réduite et le charme d'un labyrinthe thématique. A conseiller absolument aux amateurs de jeux de rôle grandeur nature.

La première fois que j'ai affronté les méandres de ce magnifique bâtiment, j'habitais encore à Rouen, sous la pluie. La veille, j'avais appelé le bureau d'ordre pénal du tribunal. C'est ce service qui donne des informations sur le suivi de la procédure en cours aux intéressés. Sauf que voilà, au téléphone, sans le numéro de dossier, on n'obtient qu'une réponse sèche et sans appel : "il faut que vous vous rendiez sur place". Bien sûr, ils ne vont pas se fier sans preuve à un inconnu qui prétend être Monsieur ou Madame Untel. Donc, il me fallait accourir à Paris, à une heure de train de là. Soit.

Me voilà face à l'entrée de la chapelle, entourée par une masse de touristes venus visiter l'endroit. je passe le portique de sécurité. Direction, l'accueil. Où l'on me renvoit à l'accueil suivant, étage supérieur. Qui lui-même m'expédie à l'escalier machin, porte truc... où on me dit d'aller de l'autre côté, porte machin, 5ème étage.... mieux que Fort Boyard et sans les nains. Sauf que voilà, ma jambe finit par me lâcher... Avez-vous déjà tenté de grimper un escalier à cloche-pied ? Je demande donc à un gentil garde en uniforme de m'aider... Oui mais l'heure tourne. Il est 16h30 et il faut rejoindre ce maudit bureau d'ordre avant 17h.

Victoire, ç a y est, j'y suis. Juste à temps... Une demi-journée de perdue, mais je peux enfin tendre à une gentille dame à l'accent prononcé ma carte d'identité. J'attends beaucoup de cette visite, qu'on me dise enfin ce qui se passe... Elle pianote sur son clavier, insensible à mon regard de chien battu, prend tout son temps mais qu'importe, j'ai atteint le St Grâal, je peux me permettre d'être patiente. Au bout d'un très long moment, elle lève le regard vers moi, qui commence à ouvrir la bouche... Peine perdue, elle replonge aussitôt pour farfouiller dans un tiroir et en sortir une feuille préimprimée, sur laquelle elle griffonne quelques mots avant de me la tendre et de me congédier d'un geste ferme.

Sur ce morceau de papier, que je croyais être mon billet de sortie des angoisses, est écrit "dossier parti à la section P12'. C'est tout. Pas plus d'explications.

Je n'ai plus qu'à refaire le même parcours du combattant sur une jambe, pour sortir en du Palais de Justice, improviser dans les couloirs du métro jusqu'à la gare St Lazare et rentrer chez moi. Une journée de sport au prix du billet aller-retour. C'est-y pas beau ?

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