Confrontation, le match du siècle ou mascarade, op2

Publié le par Blandine

Mon avant-goût de ce matin ayant été plus que succinct, je vais même me permettre de revenir au tout début de l'épisode; à savoir un coup de fil de la sympathique secrétaire de mon avocat pour me signaler que je dois avoir reçu une convocation pour une confrontation une semaine plus tard.

Il faut tout de même rappeler que le temps judiciaire étant ce qu'il est, le "vous avez du recevoir" peut signifier "vous feriez mieux d'attendre langue pendante devant votre boite à lettres l'arrivée du dieu facteur" comme "Ne retenez pas votre souffle en attendant votre précieux courrier" mais en aucun cas cela ne veut dire "c'est bon, relax, en rentrant chez vous, vvous aurez déjà tout qui vous attend au chaud, bien emballé". Faut pas rêver, hein. Le suspens était d'autant plus grand que la poste avait décidé de me bouder à l'époque et me distribuait une lettre sur deux, dans ses bons jours. Donc, j'étais moyennement ravie. D'abord, kezaco, une confrontation ? Pourquoi, puisque Rom avait déjà avoué ? Vous imaginez bien que la secrétaire n'avait pas de réponse toute faite. Je l'ai donc suppliée de m'arranger un rendez-vous rapide (Ou à tout le moins pas dans un siècle) avec sa patronne pour qu'elle me mette au parfum. Quelle horreur avais-je proférée ! M'enfin quoi, elle était débordée, cette dame. Mes yeux de chien battu ont néanmoins eu raison de la cruauté de mon interlocutruice. Va pour un rendez-vous l'avant veille, si j'étais sage et que je mangeais bien ma soupe.

Après avoir menacé la guichetière de mon bureau de poste des pires sévices, j'ai récupéré mon précieux sésame. Et j'ai fondu en larmes, tant cet effort pour obtenir un bout de papier qui me brûlait à présent les doigts m'avait coûté. La question la plus bête qui soit me vint à l'esprit : "pourquoi moi ?". Cette interrogation a t elle jamais eu de réponse ?

Durant le laps de temps qui me séparait de mon rendez-vous avec maman avocat, j'ai préparé une longue liste de questions à poser à celle-ci... Quelle idée ! J'avais oublié que madame adorait parler de tout... sauf du sujet qui me préoccupait : mon affaire. Enfin, je suis injuste : Elle m'a tout de même proposé de refuser l'invitation en précisant toutefois que mon jugez d'instrucytion n'apprécierait pas forcément. Sympa, le choix, non ? J'ai pris sur moi pour accepter de me rendre à cette fichue confrontation, sans infos supplémentaires. Il faut se rendre compte de ce que ça représente de se préparer à revoir un homme dont on a essayé d'effacer les traits de ses pensées. Du pur masochisme... sans avoir la moindre idée du but.

J'ai eu la très mauvaise idée pour le jour J de faire appel à mon père. J'espérais qu'il m'aiderait à garder la tête froide. Tu parles... Voir cet homme travailler dans le couloir des juges d'instruction, avec moi en loques à côté, avait le don de me rendre folle. Heureusement, il y avait mon Colas... Comme je l'ai dit dans l'autre billet, mon avocate a un certain moment manqué à l'appel, me contraignant à implorer le juge d'être patient.

Puis vint l'instant  tant attendu de la confrontation. Dans le bureau du juge, outre Rom et son avocat, 3 personnes. J'en ai identifié 2, le juge et sa greffière. La dernière, un homme entre deux âges, ne m'a pas été présentée. Un touriste égaré, peut-être ?

Et commença un étrange ballet : La confrontation avait été demandée par l'avocat de Rom. C'est donc elle qui me posait les questions. Je devais attendre ensuite que la greffière la transcrive avant de répondre. Les sièges étaient placés de telle manière que je pouvais décider de ne pas regarder Rom.  En fait j'étais entourée des 2 avocats. Cela présentait un double avantage : ces dames pouvaient papoter par dessus mon épaule et moi, je pouvais me concentrer un peu sur mes paroles.

La première question me scia en deux : "Considérez vous M Rom vcomme un ami ?". Lepers n'aurait pas fait mieux. J'ai essayé de ne pas piquer un fou rire nerveux en expliquant que ma notion de l'amitié avait beau être large, hein... Le juge commença à grogner, ne voyant pas plus que moi la portée primordiale de ce débat. Mon avocat, à la fin de ma tirade bien sentie, me chuchote "il est effondré, le pauvre...". Super, c'est moi la méchante, j'ai fait pleurer le gentil monsieur. Le pire c'est que ça me faisait en effet bien mal d'être dure avec lui.

Et puis... et puis j'ai entendu SA voix. L'horreur renaissait dans mon esprit. J'ai dû mobiliser toute mon énergie pour ne pas craquer. La deuxième question m'acheva : Pourquoi lui avez-vous fait confiance ? Ma réponse ne fut pas moins cinglante que la première et la réaction du juge se fit cette fois carrément hostile à ma tortionnaire... Qui avoua que cette confrontation était en effet inutile mais qu'elle y avait tenu quand même, au cas où.

Allez, je vous laisse digérer l'humour de la situation, et je vous en dirai la chute tout à l'heure.

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