Au bout du monde...

Publié le par Blandine

45 kilomètres, 2h30 en RER, juste pour l'aller et dans le meilleur des cas, si je ne me bloque pas. Autant dire au bout du monde. Là où je dois aller. La question n'est pas de savoir si je vais accepter le challenge. Il y a des impératifs plus forts que toute autre considération.

La question est de savoir quand et comment. Surtout comment, en fait, car "quand", c'est le plus tôt possible. Je prends un risque incalculable, en allant là-bas, c'est objectivement aussi sécurisant que de me jeter au cou d'un ours affamé. Mais je ne renoncerai pas.

J'ai trop attendu, par précaution, justement. D'abord, parce que je me disais qu'il était sage de laisser le temps au temps, qu'après tout, rien ne pressait, qu'il fallait que je sois sûre de pouvoir "tenir". La bonne blague ! Ensuite, parce que sur place, je ne serai pas la bienvenue. Et étrangement, l'idée de servir de punching ball à des gens fous de douleur si jamais je les croisais, ça ne me sourit pas plus que ça. Enfin, parce que je sais très bien que ce sera THE crise, celle qu'il me sera impossible de refouler, d'atténuer, qui ravagera mon coeur et mon âme. Pas de quoi sauter de joie, quoi.

Alors j'ai tenté pendant plus de deux ans de me dire que ce n'était pas une bonne idée de monter cette expédition. Jusqu'à ce que je comprenne que sans ça, je n'accepterai jamais. Sans voir de mes yeux la tombe de l'homme que j'aimais, sans pouvoir m'asseoir près de lui, sans l'engueuler - on ne change pas les bonnes habitudes ! - pour m'avoir lâchée, je refuserai encore et toujours de comprendre qu'il est parti.

Alors, passons donc à la question cruciale : comment.

2h30 de RER, vu l'état liquide dans lequel je serai, ça va être coton, et seule, autant prévoir la tente (J'imagine la tête du gardien en voyant mon bivouac dans le cimetière !). Taxi ? 250 € à prévoir, je ne peux me le permettre. Surtout si ça se passe comme je le prévois.

Quelqu'un a une idée de génie, dites ?

Publié dans Réflexions

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