Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère ?
Quand je dis qu'ils ont de l'humour, dans les tribunaux !
Ce midi, je reçois un mail de mon avocat, me demandant de la rappeler. Tiens, elle me donne d'elle-même des nouvelles, l'heure doit être grave.
En effet, j'apprends que par ma démarche d'appel de la correctionnalisation de mon affaire a eu le don d'irriter la chambre d'instruction et que ces messieurs-dames jugent ma démarche tardive. Pas hors-délais, tardive. Je serais mesquine, je dirais bien : suivez mon regard ! Mais bon, dame avocat et moi avons enterré la hache de guerre, aussi, continuons à palabrer.
Donc, la démarche est jugée tardive. Résultat, il faudrait se pourvoir en cassation. Pourquoi, puisque je ne suis pas "exactement hors délai"? réponse de l'avocat : parce que j'embête ces gens et qu'ils ont trouvé ce moyen pour me le dire avec élégance. C'est un point de vue qui se défend, dira-t-on. La suite ?
"Il faudra trouver un avocat spécialisé en cour de cassation, refaire une demande d'aide juridictionnelle..." Je vous passe les détails d'une procédure qui me boufferait la vie pendant plusieurs mois (en temps judiciaire, rappelons ce détail). Maintenant la question se pose différemment :
Soit je continue ce chemin de croix au nom de mes principes et idéaux, parce que je ne veux pas que le droit glisse vers la banalisation de certains faits, parce que pour celles et ceux qui me suivront, je ne veux pas une loi qui dit qu'un crime passe au rang de délit selon le bon vouloir du juge d'instruction, parce que je crois, au fond de moi, que si l'on fausse les règles du jeu, notre bon vieux monde perdra le nord. Oui, ce sont des idéaux de fillette na¨ve, qui ne tiennent pas plus que la neige au soleil de la réalité pratique. Je ne le sais que trop bien. Mais je veux bien perdre ma santé, mais pas ma dignité et mon envie de contribuer un peu, modestement, une société meilleure.
Soit, j'abdique et je renonce à ce à quoi je crois pour avoir la paix, ce don précieux auquel j'aspire depuis un petit moment. J'accepte la correctionnalisation pour en finir au plus vite, et, mieux même, assouvir un besoin de vengeance. Car mon refus premer de la correctoinnalisation peut peser lourd dans la balance d'une condamnation, et les juges d'un tribunal correctionnel ne sont guère clméments avec les criminels recalés devant eux.
Mon dieu, le choix entre un confort immédiat et son sens de l'honneur, y a-t-il dilemm plus intéressant ?