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Publié le par Blandine

Il est assis à quelques centimètres de moi. visiblement mal, il se tient la tête entre les mains, comme pour soutenr une douleur intense. Du coin de l'oeil, je l'observe de temps à autre, un peu inquiète, mais peu décidée à embêter un jeune homme qui ne m'a rien demandé. Alors je poursuis ma lecture, tranquillement, jusqu'à ce que...

 

un bruit attire mon areille : mon voisi,n est en train de vomir, longuement, presque discrètement, sans faire davantage de mouvements qu'en ouvrant la bouche. il a toujours la tête dans les mains et ne réagit pas quand je lui pose la question la plus stupide qui soit : "vous allez bien?" ? Et il continue à cracher le contenu de son estomac.

 

Trois personnes duu wagon, toutes proches, se lèvent. Du renfort ? Tu parles ! Après un regard de dégoût, c'es m'sieurs-dames s'éloignent à l'étage supérieur. Moi, je cherche comment réagir, mais cette attitude me soulève mieux le coeur. Ceux qui restent voient parfaitement la scène, mais pas un ne bouge. J'interpelle une femme placée juste en face de moi, pour lui demander si elle peut essayer de voir s'il y a un agent à bord du train, mi je ne peux me déplacer. Elle me regarde fixement, tout comme cinq minutes avant elle avait fixé l'homme en sale état avant de repartir les yeux dans le vague. Puis, lentement, elle défait les écouteurs de son MP3. Je répète ma requête, sans y croire. Et de fait, elle hausse les épaules en marmonnant que "c'est pas grave" et repart dans se rêverie. Dernière option, mon portable, appeler les pompiers.

 

Mais une voix me fait me raviser. l'homme a relevé la tête, enfin, et me dit d'une bonne voix claire que ça va mieux, qu'il a juste bien trop bu avant de prendre le train, qu'il ne veut pas déranger tout le monde, qu'il s'excuse d'avoir sali le sol... Me voilà bien embêtée. D'une part, parce que même conscient, même plus vif, même avec une voix clire et une bonne élocution, on voit clairement qe monsieur n'est pas bien. D'autre part, parce que je n'ai pas envie de me poser là en tant que personne compétente et sûre d'elle quand ce n'est pas le cas. S'il dit qu'il va mieux, de quel droit contesterais-je ?

 

A défaut de trouver meilleure solution, je lui parle, je plaisante avec lui sur le beaujolais indigeste. Tout pour me convaincre que c'est bien fini.  Puis, pour ne pas trop l'importuner, au premier silence, je me tais et je me contente de lui sourire bêtement. Ben oui, je suis sûre qu'il a plus mal au coeur qu'à l'estomac. Et ça a beau n'être pas mes oignons, je trouve que sourire ne coûte rien et peut peut-être parfois mettre un petit peu de baume où ça fait mal.

 

 

Trois stations plus loin, je m'apprête à descendre, sur une jambe, comme de coutume. Près de la porte, je retrouve une autre dame du wagon. Je lui lance, un peu irronique : "il n'était pas bien, il aurait fallu faire quelque chose, vous ne croyez pas?". Elle me répond que oui, que ça serait bien, hein... Crétine, tu étais à trois mètres, tu pouvais pas te lever ?

 

Je sors. Et qui voilà qui sort trente secondes plus tard ? Mon malade ! Il me rejoint sur le quai, et à ma grande surprise, réentame la discussion. J'en profite pour m'excuser de ma maladresse face à lui. Sa réponse me scotche : "il y aurait plus de gens comme vous, le monde serait meilleur". Ben voyons !

 

Il repart. Moi aussi. Et ces autres, qui auraient pu ne serait-ce que ne pas ignorer; s'en vont aussi.

 

Je connais plusieurs têtes parmi ceux-là. J'aurai du mal à les regarder et à leur sourire maintenant...

 

 

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B
Je confirme les dires du monsieur malade : si les gens avaient un peu moins peur/la flemme/le désintérêt de se parler, les choses iraient certainement mieux.
Répondre
B
<br /> Oui, mais quand règne la peur...<br /> <br /> <br />